30px; }
Welcome Visitor:

Prix Goncourt 2013

Onglets principaux

Le prix goncourt est une récompense littéraire, créée en 1896 par Edmont de Goncourt, un écrivain français du XXéme Siécle. Cette récompense est décérnée à un auteur français par l'Académie Goncourt, elle rapporte environ 400 000 ventes de plus pour le livre et assure une "protection" financiére à l'écrivain qui la reçoit. L'éditeur du livre est aussi bénéficiaire de cette récompense car il engrange une partie de l'argent.

Cette année, c'est Pierre Lemaitre, avec son livre "Au revoir là-haut" qui a remporté le fameux prix littéraire.Au revoir là-haut, est un roman historique qui se déroule durant l'aprés guerre 14-18. C'est le premier roman de Pierre Lemaitre, qui n'écrivait que des polars avant cet ouvrage, belle première pour cet homme agé de 62 ans .  

Commentaires

Pierre Lemaitre a été sacré lundi par le prix Goncourt au terme d'un vote très serré pour Au revoir là-haut (Albin Michel). L'auteur, qui était l'un des favoris, a été choisi par le jury au douzième tour par six voix contre quatre à Frédéric Verger pour son premier roman, Arden (Gallimard). Retrouvez ci-dessous la critique que nous faisions de Au revoir là-haut à l'occasion de la rentrée littéraire.

Novembre 1918. Édouard Péricourt est fils de la haute bourgeoisie industrielle. il est homosexuel, fantasque, veinard et dessinateur de génie. Albert Maillard est comptable, humble par profession et ne voit guère plus loin que les jupons de sa Cécile. Rien en commun, donc, si ce n'est la mitraille et la vie des tranchées, jusqu'à ce que leur chef de régiment, le lieutenant Pradelle, ne brise la vie de l'un et l'autre au cours du même assaut, à quelques jours de l'armistice. Dans une France où tout un commerce nauséabond prospère sur le traumatisme de la Grande Guerre et le culte des poilus, Édouard et Albert montent ensemble une arnaque scandaleuse, géniale et terriblement risquée.

Au revoir là-haut confirme, s'il en était besoin, le talent de scénariste de Pierre Lemaitre, révélé par des romans policiers (dont Cadres Noirs, prix Le Point du polar 2010). Touffu, hyperdocumenté, le roman est bâti sur une intrigue très efficace, qui fait oublier ses quelques longueurs. Il se nourrit, aussi, d'un réseau de personnages toujours utiles et toujours vivants, qui recréent ensemble des années d'après-guerre où l'on verse sur les morts glorieux des larmes en abondance, mais où l'on répugne à croiser les gueules cassées.

Albin Michel, 567 pages, 22,50 euros.

Retrouvez notre dossier "Le meilleur de la rentrée littéraire".

DÉCOUVREZ un extrait d'Au revoir là-haut (p. 18-23) :

"Albert Maillard. C'était un garçon mince, de tempérament légèrement lymphatique, discret. Il parlait peu, il s'entendait bien avec les chiffres. Avant la guerre, il était caissier dans une filiale de la Banque de l'Union parisienne. Le travail ne lui plaisait pas beaucoup, il y était resté à cause de sa mère. Mme Maillard n'avait qu'un fils et elle adorait les chefs. Alors bien sûr, Albert chef d'une banque, vous parlez, elle avait été immédiatement enthousiaste, convaincue qu'"avec son intelligence" il ne tarderait pas à se hisser au sommet. Ce goût exacerbé pour l'autorité lui venait de son père, adjoint au sous-chef de bureau au ministère des Postes, qui concevait la hiérarchie de son administration comme une métaphore de l'univers. Mme Maillard aimait tous les chefs, sans exception. Elle n'était pas regardante sur leur qualité ni sur leur provenance. Elle avait des photos de Clemenceau, de Maurras, de Poincaré, de Jaurès, de Joffre, de Briand... Depuis qu'elle avait perdu son mari qui commandait une escouade de surveillants en uniforme au musée du Louvre, les grands hommes lui procuraient des sensations inouïes. Albert n'était pas chaud pour la banque, mais il l'avait laissée dire, avec sa mère c'est encore ce qui marchait le mieux. Il avait quand même commencé à tirer ses plans. Il voulait partir, il avait des envies de Tonkin, assez vagues, il est vrai. En tout cas, quitter son emploi de comptable, faire autre chose. Mais Albert n'était pas un type rapide, tout lui demandait du temps. Et très vite, il y avait eu Cécile, la passion tout de suite, les yeux de Cécile, la bouche de Cécile, le sourire de Cécile, et puis forcément, après, les seins de Cécile, le cul de Cécile, comment voulez-vous penser à autre chose.

Pour nous, aujourd'hui, Albert Maillard ne semble pas très grand, un mètre soixante-treize, mais pour son époque, c'était bien. Les filles l'avaient regardé autrefois. Cécile, surtout. Enfin... Albert avait beaucoup regardé Cécile et, au bout d'un moment, à force d'être fixée comme ça, presque tout le temps, bien sûr, elle s'était aperçue qu'il existait et elle l'avait regardé à son tour. Il avait un visage attendrissant. Une balle lui avait éraflé la tempe droite pendant la Somme. Il avait eu très peur, mais en avait été quitte pour une cicatrice en forme de parenthèse qui lui tirait légèrement l'oeil de côté et qui lui donnait un genre. À sa permission suivante, Cécile, rêveuse et charmée, l'avait caressée du bout de l'index, ce qui n'avait pas arrangé son moral. Enfant, Albert avait un petit visage pâle, presque rond, avec des paupières lourdes qui lui donnaient un air de Pierrot triste. Mme Maillard se privait de manger pour lui donner de la viande rouge, persuadée qu'il était blanc parce qu'il manquait de sang. Albert avait eu beau lui expliquer mille fois que ça n'avait rien à voir, sa mère n'était pas du genre à changer d'avis comme ça, elle trouvait toujours des exemples, des raisons, elle avait horreur d'avoir tort, même dans ses lettres elle revenait sur des choses qui remontaient à des années, c'était vraiment pénible. À se demander si ce n'était pas pour ça qu'Albert s'était engagé dès le début de la guerre. Quand elle l'avait appris, Mme Maillard avait poussé les hauts cris, mais c'était une femme tellement démonstrative qu'il était impossible de démêler chez elle ce qui relevait de la frayeur et du théâtre. Elle avait hurlé, s'était arraché les cheveux et s'était vite ressaisie. Comme elle avait une conception assez classique de la guerre, elle avait été rapidement convaincue qu'Albert, "avec son intelligence", ne tarderait pas à briller, à monter en grade, elle le voyait partir à l'assaut, en première ligne. Dans son esprit, il effectuait une action héroïque, il devenait aussitôt officier, capitaine, commandant, ou davantage, général, ce sont des choses qu'on voit à la guerre. Albert avait laissé dire en préparant sa valise.

Avec Cécile, ce fut très différent. La guerre ne l'effrayait pas. D'abord, c'était un "devoir patriotique" (Albert fut surpris, il ne l'avait jamais entendue prononcer ces mots-là), ensuite, il n'y avait pas vraiment de raison d'avoir peur, c'était quasiment une formalité. Tout le monde le disait.
Albert, lui, avait un petit doute, mais Cécile était un peu comme Mme Maillard finalement, elle avait des idées assez fixes. À l'écouter, la guerre ne ferait pas long feu. Albert n'était pas loin de la croire ; quoi qu'elle dise, Cécile, avec ces mains, avec cette bouche, avec tout ça, à Albert, elle pouvait lui dire n'importe quoi. On ne peut pas comprendre si on ne la connaît pas, pensait Albert. Pour nous, cette Cécile, ce serait une jolie fille, rien de plus. Pour lui, c'était tout autre chose. Chaque pore de sa peau, à Cécile, était constitué d'une molécule spéciale, son haleine avait un parfum spécial. Elle avait les yeux bleus, bon, à vous, ça ne vous dit rien, mais pour Albert, ces yeux-là, c'était un gouffre, un précipice. Tenez, prenez sa bouche et mettez-vous un instant à sa place, à notre Albert. De cette bouche, il avait reçu des baisers si chauds et tendres, qui lui soulevaient le ventre, à exploser, il avait senti sa salive couler en lui, il l'avait bue avec tant de passion, elle avait été capable de tels prodiges que Cécile n'était pas seulement Cécile. C'était... Alors, du coup, elle pouvait soutenir que la guerre, on n'en ferait qu'une bouchée, Albert avait tellement rêvé d'être une bouchée pour Cécile...
Aujourd'hui, évidemment, il jugeait les choses assez différemment. Il savait que la guerre n'était rien d'autre qu'une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre quatre ans tenait fondamentalement du miracle.
Et finir enterré vivant à quelques encablures de la fin de la guerre, franchement, ce serait vraiment la cerise.
Pourtant, c'est exactement ce qui va arriver.
Enterré vivant, le petit Albert.
La faute à "pas de chance", dirait sa mère.
Le lieutenant Pradelle s'est retourné vers sa troupe, son regard s'est planté dans celui des premiers hommes qui, à sa droite et à sa gauche, le fixent comme s'il était le Messie. Il a hoché la tête et pris sa respiration.

Quelques minutes plus tard, légèrement voûté, Albert court dans un décor de fin du monde, noyé sous les obus et les balles sifflantes, en serrant son arme de toutes ses forces, le pas lourd, la tête rentrée dans les épaules. La terre est épaisse sous les godillots parce qu'il a beaucoup plu ces jours-ci. À ses côtés, des types hurlent comme des fous, pour s'enivrer, pour se donner du courage. D'autres, au contraire, avancent comme lui, concentrés, le ventre noué, la gorge sèche. Tous se ruent vers l'ennemi, armés d'une colère définitive, d'un désir de vengeance. En fait, c'est peut-être un effet pervers de l'annonce d'un armistice. Ils en ont subi tant et tant que voir cette guerre se terminer comme ça, avec autant de copains morts et autant d'ennemis vivants, on a presque envie d'un massacre, d'en finir une fois pour toutes. On saignerait n'importe qui.

Même Albert, terrorisé par l'idée de mourir, étriperait le premier venu. Or, il y a eu pas mal d'obstacles ; en courant, il a dû dériver sur la droite. Au début, il a suivi la ligne fixée par le lieutenant, mais avec les balles sifflantes, les obus, on zigzague, forcément. D'autant que Péricourt, qui avançait juste devant lui, vient de se faire faucher par une balle et s'est écroulé quasiment dans ses pattes, Albert n'a eu que le temps de sauter par-dessus. Il perd l'équilibre, court plusieurs mètres sur son élan et tombe sur le corps du vieux Grisonnier, dont la mort, inattendue, a donné le signal de départ à cette ultime hécatombe.
Malgré les balles qui sifflent tout autour de lui, en le voyant allongé là, Albert s'arrête tout net.
C'est sa capote qu'il reconnaît parce qu'il portait toujours ce truc à la boutonnière, rouge, ma "légion d'horreur", disait-il. Ce n'était pas un esprit fin, Grisonnier. Pas délicat, mais brave type, tout le monde l'aimait bien. C'est lui, pas de doute. Sa grosse tête s'est comme incrustée dans la boue et le reste du corps a l'air d'être tombé tout en désordre. Juste à côté, il reconnaît le plus jeune, Louis Thérieux. Lui aussi est en partie recouvert de boue, recroquevillé, un peu dans la position du foetus. C'est touchant, mourir à cet âge-là, dans une attitude pareille...

Albert ne sait pas ce qui lui prend, une intuition, il attrape l'épaule du vieux et le pousse. Le mort bascule lourdement et se couche sur le ventre. Il lui faut quelques secondes pour réaliser, à Albert. Puis la vérité lui saute au visage : quand on avance vers l'ennemi, on ne meurt pas de deux balles dans le dos."

© Albin Michel. Avec l'autorisation des éditions Albin Michel. "Les droits de propriété littéraire et artistique de l'extrait auquel Le Point.fr donne ici accès appartiennent aux éditions Albin Michel. L'accès au service ne donne droit qu'à la consultation de l'extrait, à l'exclusion de tout acte de reproduction ou de diffusion. Il est interdit de réaliser des copies à des fins autres que privées, quel que soit le support de ces copies, de diffuser tout ou partie de l'extrait par quelque moyen que ce soit, notamment sur un autre site, de modifier, ajouter, couper ou traduire le texte des extraits pour un usage quelconque. Tout acte accompli en méconnaissance de ces conditions d'utilisation constitue une contrefaçon, délit défini par les articles L.335-2 et L.335-3 du Code de la propriété intellectuelle, et puni de 2 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende."

Pages

Articles similaires

Le 11 novembre, un jour férié.

Texte: 

Pour une majorité de personnes, les jours fériés sont des jours où l'on ne va pas travailler, mais derrière cela se trouve des événements historiques. 

Le 11 novembre 1918, fut signé l'armistice de la Première Guerre Mondiale qui opposa les Alliés ( France, Russie, Grande-Bretagne ) aux allemands qui ont capitulé. Cette terrible Guerre causa plus de 18 millions de pertes humaines. Cette guerre entraina la signature du Traité de Versailles ( 28 juin 1919 ), un traité de paix entre Français et Allemands.

Cette journée est fériée pour rendre hommage à tout les combattants morts pour la France durant cette guerre mais aussi pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Sortie jeux vidéos

Texte: 

Comme chaque année, fin octobre/début novembre, c'est la sortie de la fameuse série trés attendue du  jeu vidéo Call of Duty ( ghost ), mais cette année c'est aussi la sortie de Battlefield, 4éme du nom. 

Les 2 FPS ( jeux de tirs à la premiére personne, en français )  ont reçus la note de 15/20 selon le site Jeuxvidéo.com . Ils n'ont quasiment reçu que des avis positifs, notamment au niveau des graphismes.

Faisant tout les deux parties des jeux les plus plébiscités de l'année, les ventes de Call of Duty ghost ont rapportées plus d'1 millard de dollars le jour de sa sortie soit plus que GTA 5.

 

Fête de la pêche

Texte: 

En ce week-end du 16 et 17 novembre, se tenait la 10iéme Fête de la Grande Pêche à l'étang de l'Indre-basse,  situé à proximité de Dieuze où environ 13 000 personnes sont venues y assister. Cette fête consiste à vider tout l'étang, d'environ 620 ha, pour récupérer les poissons.

Semaine de la solidarité

Texte: 

Cette semaine c'est la semaine de la solidarité. A cette occasion, le lycée où je suis, Arthur Varoquaux à Tomblaine, des collectes de denrées non périssables, de vêtements inutilisés, d'objet qui ne servent plus ont été organisés. La tonne de récolte est visée pour des associations tels que les restos du coeur, emmaüs..

Noël selon moi !

Texte: 

Noël était à la base une fête purement religieuse. Aujourd'hui, c'est pour beaucoup une simple veillée où les enfants récupèrent des cadeaux. Je pense en l'ocurence que c'est un moment pour rassembler la famille, revoir des personnes que l'on n'a perdu de vue depuis longtemps.

Noël doit être un moment "magique" : il faut prendre du plaisir à décorer le sapin, écouter des chants de Noël, déballer ses présents,  pour passer un moment convivial. J'aimerais aussi avoir votre avis sur le type de cadeaux qui font le plus plaisir, ceux manuels ou ceux qui viennent d'un magasin.

La place des écrans

Texte: 

Nous sommes en période de vacances et comme beaucoup d'autres adolescents, je passe pas mal de temps devant les écrans:  téléphone portable, télévision, ordinateur ... 

Je pense que de nos jours, les différentes formes de multimédia touchent une grande partie de la population, qui devient de plus en plus jeune. Je suis outré de voir des enfants de 5/6 ans jouant sur une tablette tactile, ou à une console de jeux. Surtout que selon les spécialistes, ces jeux peuvent rendre violent et je sens moi-même que cela provoque des troubles du sommeil.

le bac de français

Texte: 

 

Cette année je suisi en première S, et comme vous le savez c'est le bacde français. L'épreuve anticipée de français de son vrai nom comporte un oral et un écrit.