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Henri Bégorre : Forum Franco Jordanien sur la Durabilité de l'Eau "Water Sustainability"

Onglets principaux

Forum Franco Jordanien sur la Durabilité de l'Eau "Water Sustainability"  18-20 Novembre 2014 Amman- Jordanie.

La Jordanie  est l’un des pays les moins dotés en eau dans le monde entier. Plus que jamais, le pays est mobilisé pour assurer la sécurité et la disponibilité durable de l'eau.

Une grave pénurie d'eau, une infrastructure vieillissante et l'afflux récent d'immigration en provenance des pays voisins sont des facteurs aggravants qui poussent la Jordanie à mettre en œuvre des plans nationaux visant à gérer de manière optimale et durable ses ressources existantes, à générer de nouvelles ressources et à s’assurer de la qualité de ses infrastructures pour convoyer le précieux liquide jusqu’aux consommateurs.

Au cours des dernières années, le gouvernement français a activement soutenu la Jordanie dans le secteur de l'eau à travers plusieurs programmes de financement d'un montant de plus de 135 millions d'euros. En outre, les entreprises françaises, connues à travers le monde pour leur expertise dans  le secteur de l'eau, sont également très actives dans le royaume. La signature récente entre la France et la Jordanie d'un protocole d'accord portant sur cinq projets d'eau et d'assainissement à Amman et à Irbid, à un coût estimé d’environ 83 millions d'euros illustre parfaitement bien cette présence.

Henri Begorre, l'ambassadeur français de l'eau

Par Céline LUTZ • Journaliste de La Semaine • 04/12/2014 à 07h20

Depuis sa défaite aux municipales de mars dernier, l’ancien maire de Maxéville s’est consacré entièrement à sa mission au sein du Partenariat français pour l’Eau dont il est président. Il intervenait hier au premier Forum franco-jordanien de l’eau organisé à Amman.

Depuis quand vous intéressez-vous aux problématiques liées à l’eau ?

«  Je m’y suis intéressé très tôt en tant qu’universitaire, bien avant mon arrivée à Nancy en 1975 pour enseigner auprès de jeunes ingénieurs. J’ai commencé à travailler sur les liquides, la bière d’abord et très vite sur l’eau d’un point de vue biologique. Lors des élections municipales en 1977, engagé sur une liste de gauche à Maxéville, j’ai travaillé sur un projet de centre d’enfouissement de déchets industriels en faisant travailler des élèves ingénieurs de Nancy sur la faisabilité et la pertinence d’un tel projet. J’ai suivi ce dossier aux côtés de Gérard Pouille, alors maire UDF de Vandœuvre. C’est lui qui a eu l’idée de créer un Centre de l’Eau à Nancy pour travailler de concerve entre les collectivités. »

Qu’est devenu Nancie, ce centre de l’eau ?

« C’était un centre vraiment précurseur mais en 1988-1989, d’autres initiatives semblables ont été prises en France, comme à Limoges ou Montpellier. L’idée était de pouvoir regrouper les forces mais Nancie a préféré jouer cavalier seul. De gros problèmes financiers sont apparus et, lorsqu’on m’a demandé de reprendre la structure, j’ai pris la difficile décision de dissoudre l’entité en faisant reprendre la partie recherche et innovation par l’université puis, quelques années plus tard, le volet formation également par l’université et les dossiers vers l’international par les collectivités. »

La Lorraine a perdu ainsi sa place de pionnier ?

« Non car Hydreos Lorraine-Alsace basé à Nancy est un pôle de référence. Il a été créé lors des démarches de pôle de compétitivité. Hydreos a été impulsé à l’époque par Christian Poncelet. Hydreos est l’un des trois pôles français dédiés à l’eau avec Montpellier et Orléans. Le souci, c’est que le pôle lorrain-alsacien est surtout axé sur le financement des PME et PMI et les élus y sont peut impliqués. Or, s’il n’y a pas une vraie volonté politique, il ne se passe pas grand-chose. »

Vous êtes aujourd’hui président du Partenariat français pour l’Eau, quel est votre rôle ?

«  Je veux que le PFE soit reconnu comme un référent, comme la plateforme multimodale de l’eau. Nous sommes la synthèse des positions dans le monde sur les problèmes de l’eau et les politiques qui les accompagnent. Nous ne sommes pas qu’une grosse boîte à idées, nous sommes aussi chef d’orchestre pour la mise en place d’actions de terrain à l’international. Nous travaillons avec l’ensemble des acteurs du public et du privé. »

Quels sont les enjeux de ce forum en Jordanie où vous intervenez en tant qu’expert ?

«  L’eau ne doit plus être envisagée simplement au niveau de sa distribution mais aussi d’un point de vue assainissement et comme une ressource inscrite dans un processus durable. On ne peut se contenter aujourd’hui de bétonner ou poser des canalisations, il faut penser à long terme. Il faut avoir une vision globale des choses et c’est le rôle du PFE. Et, lors des mises en place de projet à l’international, il faut impérativement garder des outils d’opérateurs avec un transfert des savoir-faire. L’enjeu aujourd’hui dans les problématiques de l’eau, c’est la formation. Il faut donner la priorité à l’intérêt général. J’ai un rôle de modérateur, de conciliateur, pas toujours facile quand des intérêts très différents s’expriment. »

Et la politique, c’est vraiment terminé pour vous ?

« Je n’y retournerai pas si on ne me le demande pas ! Je ne suis pas entré en politique pour servir mes intérêts personnels je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais je ne ferme pas la porte si on me demande de m’inscrire dans un projet. Aujourd’hui, je m’implique beaucoup dans l’ONG de mon épouse Ursuline et en tant que président du PFE. Mais c’est la politique que je connais le mieux et c’est ce pour quoi je suis fait. Je m’étais d’ailleurs rendu professionnellement disponible pour m’y consacrer. Et puis, un jour, je me suis réveillé à l’hôpital et, professionnellement, ma vie s’est écroulée. Aujourd’hui, je vais bien et je le dis, je ne ferme aucune porte. »

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